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Feux De Nuages 21

Aden, Eden

Nous venons tous d’Ankara, de Zanzibar, de Canberra, de Villeneuve et de Padoue. Nous avons tous voyagé en tas humides depuis les contrées les plus propices au rêve. Venus de partout, allés partout, en haut de la terre et en bas, à gratter le soleil, à baiser les étoiles, à farfouiller la terre comme nez de cocagne.

Bonne terre mon amie, avec ces hommes en chevelure, forcenés d’aventure, fils d’un petit pays ils t’arpentent à tout-va pour devenir des dieux,  ils montent des chevaux, s’inventent des voitures ou partent en bateau.

Et toi tu laisses faire ma douce, éternité maternelle au delà des remarques. Hommes de partout, qui conquièrent l’espace de leur vie quand tu rythmes le temps à grands coups de saison.

Magie printemps, fête d’été, sonne l’automne puis vient le terme accompli du silence. Tu donnes un “la” une fois l’an, sur la batterie de la création. Et ce temps là fut il toujours ? Fut il un jour sur la planète un été annuel, ou un hiver permanent ? Pourquoi ces quatre temps du monde initiés par le son du printemps en chaque créature vivante.

Moi je célèbre la grand messe en ton ultime religion. Des quatre temps que tu nous donnes, bourgeon, chaleur, repos et froid, je sais le secret transparent, tu me l’as chuchoté un soir où nous nous aimions d’amour tendre, et toi et moi et mes amis, libellules solitaires en grappe d’yeux ouverts, absorbés sans retour dans l’infini langage du monde, quand entre nuages et nervures, parsemés de vagues grondantes, d’éclairs brûlants, de coquillages, de sable fin sous les petons, par la fourmi et le lion, la lave rouge des volcans et les reflets de la turquoise, en un bon repas de bonheur, tu te présentes sans voilage, nue et immense au creux du cœur.

Quand tu te fais belle allumeuse de frissons de vitalité, quand dans les nuits monte une joie hurlante de présence, quand on te tient, quand on te veux. Car tu te fais, belle étrangère familière, le langage clair de ce que les humains ne peuvent concevoir. Tu mets ta langue de velours au creux de nos oreilles, tu nous gratouilles le bas du dos, tu te glisses en d’intimes caresses, nous couvres de baisers électriques : c’est partout la même chanson, et tu la chantes à l’infini jusqu’à la surprise qui fait se tordre les corps, renverse cerveaux et raison, cette chanson, et cette danse, le goût du printemps qui coule dans nos sangs, elle n’attend que nous.

Apprends moi la musique, apprends moi à parler, apprends moi à vivre ta danse. Apprends nous le rang d’homme et nous ferons ensemble la révolution des poètes.

2 Comments

  1. sab04-17-2010

    j’aime ;o)

  2. omeyer04-20-2010

    Ce n’est pas pour rien que nous aimons tous les deux le grand Jacques. La révolution des poètes, il la fait depuis longtemps.

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