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2012 03 19 17.47.46

Writing : le coût de la Gratuité

Allez, une météo sexy revenant sur le Sud, dans ma belle région habituellement ensoleillée deux jours sur un, aujourd’hui c’est blind test.

Question : pourquoi est-il essentiel de bien poser, de bien calibrer les enjeux du personnage principal ?

A/ parce que sinon on s’en fout ?
B/ parce que sinon la structure fout le camp et l’acte III se vautre dans les pâquerettes ?
C/ parce que quand enjeux et obstacles ne sont pas calibrés ça sonne aussi faux qu’un trompette en caoutchouc qu’on doublerait en post production par un tremolo de Miles ?

Hiing !
Réponse : parce que c’est la mesure absolue de degré de gratuité de l’histoire.

Et une histoire gratuite ne se vend pas, c’est bien connu. Et quand bien même, je ne donne pas cher de sa durée de vie, sur l’échelle de richter de sa capacité à fédérer un public. Vous paierez la facture tôt ou tard, car la monnaie de singe a un coût. Ad lib sur la métaphore pognon / vérité.

En d’autres termes, penser l’histoire en termes dramaturgiques c’est bien beau, se fader le petit psychologue illustré et coller le 3 et le 7 au personnage au titre de conflit interne, de need, de défaut, ça n’a qu’une apparence d’humanité.

La vérité c’est que les questions dramaturgiques ne donnent leur pleine puissance qu’en écho aux enjeux de l’histoire.

En résumé, le personnage principal, on s’en fout, si le sujet n’a aucun intérêt.

De quoi voulons nous parler, qu’avons nous à dire ? Qu’est ce qui est important, qui vaut le coup, que nous voulons défendre ? Quel monde voulons nous explorer ? Tout cela, c’est l’acte II qui le magnifie. C’est lui qui fait sens pour ce qui est de jauger la portée de ce qu’on raconte. C’est le monde de l’aventure, le monde extraordinaire qui porte en lui le potentiel du film. Alors c’est lui qui donne la mesure quand il s’agit de calibrer les réglages dramaturgiques des personnages.

En d’autres termes, le ventre mou de l’acte II est dans nos têtes.

Et dans nos coeurs il y a la matière d’un bel acte II, tout rutilant d’humanité.
Quand cet acte est clair, franchement, explorer le personnage qui va le plus justement s’y transcender est à la portée de tout humain. Et découvrir au coeur du protagoniste ce qui rend l’aventure si personnelle et si difficile pour lui relève plus de l’amour que de la mécanique.

Ce qui est gratuit est artificiel. Si nous voulons être des artificiers efficaces, il nous faut…tout oublier de la dramaturgie. Et la réinventer au coeur de nos valeurs, transcendés que nous sommes par le propos que nous défendons, dans les conflits du monde.

Ce ne sont pas les enjeux du personnage qui donnent l’énergie pour propulser l’histoire. Ce sont ceux de l’auteur, les vôtres, les miens. Ce qui nous touche, nous révolte, nous fait marrer, nous donne espoir, illumine la vie ou la menace.

L’écriture est la soeur de la révolution, la dramaturgie est un fusil puissant.

Mais c’est à nous de viser, de choisir la cible.
Et là c’est notre peau de citoyen que nous mettons dans la balance.
Notre vie, nos émotions. Nos valeurs.

Ce sur quoi nous ne reculons pas, nous ne transigeons pas, nous ne cédons pas un pouce.
Cela, c’est le vrai fuel d’une histoire.

Ce qui est cher à nos yeux aura toujours de la valeur pour quelqu’un.

Keep on writing !

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Stories beyond frontiers. Les histoires font la loi.