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Écrire, toujours écrire. Harnachés à notre table de travail comme chevaux de traits, labourant nos rêves. Ruminant nos univers, remaniant cent fois nos méthodes. Comme englués de brumes floues, de promesses et d'enchantements, plus brillants pour nous que l'immédiat quotidien de nos demeures.

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Qu’est-ce qui nous fait écrire ?

Qu’est ce qui nous fait tenir ce marathon de persévérance, appeler vrai et intime ce qui n’aura peut être jamais, pour aucun autre être vivant, de réalité tangible ? Qu’est ce qui nous rend si fiers et si malheureux à la fois, si libres et si prisonniers ?

Y a t il seulement une réponse, ou plusieurs ? N’avons nous pas chacun de nous, toujours été un peu absents au monde, présent à ses silences et à ses ombres, n’avons nous pas toujours passé plus de temps à décrypter les mystères, peler les instants les plus harmonieux à la recherche de couches discordantes, n’avons nous pas toujours eu, du plus profond de nos sourires,  le regard voilé d’espoir ?

N’avons nous pas toujours pleuré en silence, effarés par notre propre étrangeté, et éblouis tantôt par notre compréhension viscérale de ce qui, aux autres, semblait inexplicable ?

N’avons nous pas toujours joué en décalage, préféré le souvenir au moment, le désir à ses fruits, l’imagination du possible à la grossièreté envahissante de l’actuel ?

N’avons nous pas toujours fait de laborieux efforts pour être au diapason de nos amis, pour retrouver l’adhésion sans réserve aux moindres instants ? N’avons nous pas toujours savouré comme une haute victoire nos engloutissements spontanés dans le futile ? Célébré des années après la fraicheur enfantine dont nous ne nous croyions plus capables ?

N’avons nous pas toujours trouvé grâce et terreur à ce qui nous échappait ? Appris au fil de l’enfance que le naturel est construit de patience ? Tissé d’oubli et de volonté ? N’avons nous pas toujours joué avec notre propre mémoire, gratté les mots jusqu’à les épuiser, tricoté le langage comme une maille à compléter le réel, plus qu’à le qualifier ?

Oui. Depuis toujours, nous explorons le monde dans ses réflexions, et le miracle c’est que c’est là qu’il se révèle.

Alors nous explorons, infatigables prisonniers passionnés et pudiques, les entrailles libres d’un miroir sur lequel glissent sans jamais pouvoir s’y fixer, mots, sens ou émotions. Un miroir évanescent qui a pour nous les scintillements éphémères d’une éternité entraperçue, dérobée à la volée ou somptueusement offerte, au gré des jours et des voyages.

 

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Stories beyond frontiers. Les histoires font la loi.