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Me revient alors en mémoire les mots du grand Laurent Terzieff interrogé par Frédéric Taddéï dans Ce soir ou Jamais. Pour illustrer la force du texte qu'il joue au théâtre, Laurent Terzieff dit que l'auteur y a posé le Monde du Oui et le Monde du Non. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça m'a fait du bien d'entendre ça.

Passerelle

Nathalie Lenoir, Elephant Geek, Twitter et Mc Kee

Nouvel article de la très précieuse Nathalie Lenoir sur l’extraordinaire richesse qu’offre le net, pour suivre sur tweeter certains des plus grands scénaristes en activité. Moi qui twitte depuis, allez, 24h, je fais au hasard dans la foulée une recherche « screenwriting » sur seesmic.

Parmi l’avalanche de posts, au milieu de ce branchement live sur une effervescence d’infos, de contacts, de petits humains aussi passionnés que moi, je tombe sur un post d’Elephantgeek, un français installé à San Francisco, qui fait mention d’une interview de Robert Mc Kee. Robert, on ne le présente plus. Certains en font une idole, d’autres un charmeur. De lui, j’ai presque oublié les notions de valeurs et contrevaleurs, les analyses vibrantes de Chinatown ou Casablanca. Mais ce que je retiens sans cesse, c’est son appel à créer des histoires qui ont du fond. Plus que nous donner des recettes, et des how to, il nous rappelle une vérité fondamentale dans le monde agité et complexe d’aujourd’hui : PEOPLE NEED STORIES.

Me revient alors en mémoire les mots du grand Laurent Terzieff interrogé par Frédéric Taddéï dans Ce soir ou Jamais. Pour illustrer la force du texte qu’il joue au théâtre, Laurent Terzieff dit que l’auteur y a posé le Monde du Oui et le Monde du Non. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça m’a fait du bien d’entendre ça.

Jamais l’art du storytelling n’a été aussi maîtrisé que dans le monde actuel. Et jamais, c’est l’analyse de Mc Kee, les histoires n’ont, globalement, sonné aussi creux. Pas par manque de talent, encore moins de créativité, ni de volonté, ni de moyens.

Peut être par manque de densité dans les notions véhiculées comme positives et négatives. Les grands auteurs ont toujours posé une ligne de démarcation tranchée et  claire entre le Monde du Oui et le Monde du Non.

La Garçonnière de Wilder ou le Cauchemar Climatisé d’Henry Miller nous disaient déjà tout de l’impasse humaine vers laquelle nous a conduit l’organisation du monde du travail moderne. Et Charlot disait déjà tout des sdf, de la rue, de la misère, de la noblesse et de la solidarité. Et de l’amour.

C’est cela qui est au cœur du besoin d’histoires, besoin rendu d’autant plus intense aujourd’hui que nous sommes submergés d’infos, de valeurs grises, de concepts flous à force de complexité (Mc Kee dit « blurring »). Nous relativisons et c’est l’erreur du quotidien. C’est pour cela que les auteurs sont plus utiles que jamais au sein des communautés où ils vivent.

C’est pour cela qu’il est bon qu’ils se solidarisent, échangent et communiquent dans leur pratique, leurs apprentissages, leurs accomplissements, leurs doutes, leurs enthousiasmes. Et c’est cela, merci Nathalie, que permettent les réseaux sociaux modernes.

Sans oublier de garder le contact avec des amis qui sont moins actifs sur Tweeter, mais ont en leur temps écrit magistralement le Monde du Non et le Monde du Oui. Chacun les siens. Les miens s’appellent Billy, Charlie, Ernest, William.

EDIT :

Je ne me résous pas à vous priver d’un lien vers ces deux interviews de Laurent Terzieff :

Ici, et .

Et pour la petite histoire, deux heures après que j’ai publié cette note sur Facebook, Elephantgeek m’a retrouvé : c’est un français installé à San Francisco, passionné d’arts visuels et de narration, et qui dessine comme un grand sachem. Je vous invite à aller voir ses small sketches, comme il dit.

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Stories beyond frontiers. Les histoires font la loi.