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2012 03 26 13.45.50

Le bon sens du poil

Parmi les nombreux mails que je reçois, et ça me touche beaucoup, certains rendent un hommage justement admiratif à mon talent, d’autres sollicitent des précisions sur les stages de coaching et d’écriture que j’organise, certains enfin réclament plus d’images au fil des lignes.
Mais tous ont en commun d’être parfaitement imaginaires.

M’en fous, chui un auteur. Imaginer c’est mon métier si tu préfères.
Je ne vais pas m’arrêter aux petits détails triviaux.  Je vais donc répondre ici à la catégorie de ceux qui veulent des images.

Bien. Des images, j’entends bien. C’est vrai que tant de lignes, et des fois écrites en petit, ça en refroidit certains. Hop je passe, hop tiens c’est chouli la bannière, hop je lis un peu, hop la souris descend vite vite en bas et hop je me dis « ouh la la c’est plein de mots ». Et hop je me casse sur fantaisies-à-la-con-de-tous-les-jours point com. Ou ultimate-news-in-the-world-de-partout.

Ami qui n’est plus là, ô lecteur invisible, frère ou sœur engourdi engourdie par les pots de miel des médias modernes, arrête de faire la mouche.
Et pose toi, pose toi un peu.

Pourquoi ? Tu me le demandes ?
Ben merde alors, il te faut une bonne raison pour passer un peu de temps ici ? Sympa.

Je vais t’ en donner moi des raisons bordel : d’abord et avant tout, ça ne se fait pas.
Imagine qu’on se mette à faire ça au lit. Bonjour présentation, mmh jolies couleurs, mmh bien tanqué mmh canon la nana mmh vite une chambre mmh enlève ça vite et pan ! Repartir en courant vers la prochaine rencontre qui sent bon.

Vous trouveriez pas qu’il manquerait quelque chose ? Une dimension disons. Désirer c’est vouloir découvrir. Prendre le temps de mettre à nu, de se mettre à nu.
Ici on n’est pas dans un blog j’ai envie de baiser vite fait avec le premier blog qui passe. On est dans un blog je veux découvrir, désirer, me découvrir, découvrir ce qu’est le désir, désirer la découverte.

Jusqu’au vertige. Jusqu’à l’échange qui transforme les escarpins en bottes de sept lieux et les vieilles tennis pourries en ailes à explorer le ciel.

Don’t judge a book by its cover. Ne sors pas du film au générique du début.
C’est trop tôt.
Viens, installe toi, clique par ci, lis par là, pense un peu, dit si oui, dit que non, écrit un article ou un livre chez toi, reviens, commente, exprime toi.

Je te propose une révolution : prendre ton temps.
C’est notre intérêt à tous les deux, ô lecteur que j’aime déjà d’un amour juvénile et reconnaissant puisque toi tu es resté.

Et toi mon ami amie possible de quelques secondes qui es déjà parti depuis « parmi les nombreux mails » sache que tu es regretté. I miss you mais pas éternellement. Et que pour que d’autres n’aillent pas se perdre dans les mêmes gouffres de vitesse, je suis prêt à chatoyer mon pelage et affiner mon ramage, sans changer de fromage.

Pour vous nobles aspirants de l’écrit et de la communication, cela revient à appliquer la technique hollywoodienne connue sous le nom de The Julia Roberts Strategy : prenez une femme intelligente, sensible, talentueuse, cultivée, chaleureuse. Ça pourrait suffire à en faire un fromage exceptionnel. Mais pour que tout le monde y goûte, il n’est pas inutile de la pomponner, de la faire entrer dans un fourreau de velours noir qui souligne avantageusement sa poitrine et dévoile ses longues cuisses.

Pour autant amies fidèles, pas de fantasmes érotiques insensés : il n’ y aura pas dans ce blog de rubrique « omeyer a participé aux calendriers des dieux du texte » avec photos et vidéos. Encore que c’est une idée. Et pour les amis fidèles, pas de rubrique « belles américaines en bikini » sous prétexte de rendre hommage aux actrices et faire gonfler notamment les statistiques.

En revanche, je promets de méditer sur le fait que si le peigne de la plume est de mon ressort, les poils de la réception du texte vous appartiennent.
Et qu’entre aller dans le sens du poil et épiler à l’arrache, il doit exister un juste milieu dans lequel tout écrivaillon un tant soit peu respectueux de ses lecteurs peut trouver la bonne mesure.

Au fond, lecteur déjà parti, tu viens de me donner une bonne leçon.

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6 Comments

  1. cortisone05-09-2010

    C’est dimanche matin dans l’hexagone, je me lève avec peine… et « Avec le canon d’un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles. » je vais tenter de faire mieux que ça plus tard.
    Bien à toi Omeyer !

  2. liliaK05-09-2010

    Si, si, au hasard des clics, certains, certaines s’attardent, lisent et apprécient le style, les mots choisis.

  3. omeyer05-09-2010

    Sista Cortisone, ton hello c’est déjà beaucoup, ça prouve que tu es viendue, que lu tu as, et laissé une traçounette eu envie de. Et ça c’est bonnard.
    Donc bien à toi et amitiés à Lady Ashley

  4. omeyer05-09-2010

    Bienvenue liliak, attends j’époussette un siège en ton honneur. Chocolat ? Caramel ? Café ? Rhum ?
    Bref, reste à loisir, welcome on board.

  5. sab05-10-2010

    coucou mon p oups marc.. ;o) je passe tous les jours ne laisse pas forçément de trace des fois discrète je sais être ;o) mais aussi des fois je ne trouve pas les mots car le texte.. me touche tout dedans là tu sais oui juste là ;o)
    continue comme ça moi j’adore et je t’adore !! j’aime ton esprit qui divague de mots en mots et qui nous emmène pas tjrs ou on l’on voudrait être.. mais qui nous font du bien !!
    continue de nous lacher des ptits coups de gueule.. continue de nous emmener dans ton imaginaire ou bien dans ton réèl mois je dis Bravo à TOI !!!

  6. omeyer05-11-2010

    coucou à toi ma poups ! dans la mesure où tu vas fort dans la positivité, tu m’obliges à me vautrer dans la mercitude. et puisque mes mots te touchent dedans (oui là), permet moi de te dire que je le trouve très bien ton dedans. Tiens, ton ptit cœur c’est les Seychelles de l’amitié.
    Et moi je bronze !

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