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La Femme des Histoires

Dans beaucoup d’histoires (La Mort aux Trousse, La Garçonnière, Notorious, LA Confidential, Casablanca tout autant que Pretty Woman, Titanic, Le Grand Saut), au début le héros est ignorant de ce que vit, ce qu’est réellement la femme qu’il va aimer au cours du film. Elle est hors champ et souvent elle même ne réalise pas sa propre illusion sur elle même. Ou a conscience de ses points faibles sans pouvoir les corriger, ou est prisonnière de forces qui la dépassent. Dans ces histoires, ce que fait vraiment le héros, par delà les méandres de l’intrigue, c’est sauver la femme d’elle-même.

Toute la dynamique du film vient du regard que lui va porter sur elle, parce qu’elle le touche au cœur, ce qui est son talent unique à elle, ce qui lui confère un caractère sacré dans l’histoire. Le plot illustre l’évolution du regard du héros sur elle, comment il agit en fonction de ce regard, ce qu’elle provoque en lui qui le meut à la libérer.

Dans ce type d’histoire le protagoniste acquiert le statut de héros (d’homme complet) parce qu’il veut la sauver, et met tout en œuvre pour y parvenir au détriment de son intérêt ou au risque de sa vie. Elle est le destinataire de l’aventure, et son amour est l’élixir. Pour y parvenir, l’égoïste devient altruiste, le lâche apprend le courage, le tricheur passe du côté de la Loi Morale. La femme est d’abord belle, attirante ou séductrice mais quelque chose en elle est corrompu : au dedans, elle est une enfant fragile qu’il faut convaincre de sa dignité de femme.

Elle fait « le jeu » des autres, est utilisée par « les takers », les cyniques, les profiteurs, les puissants. Le méchant a tous les attributs de l’homme viril, séduisant, riche qui a le système de pouvoirs en sa faveur. L’atout du protagoniste est de pouvoir réveiller le cœur de la belle, par son charme naïf, sa bonté innée. Il paraît fragile, c’est un underdog dans le scénario en cours. Mais en entrant comme un chien dans  un jeu de quille dans un jeu où on ne l’attend pas, il modifie la fin prévue, et la belle comprend qu’en jouant son jeu à lui elle joue son jeu à elle.

Dans beaucoup d’histoires écrites par des hommes. Qui aiment se raconter des histoires dans lesquelles ils sauvent la femme et s’en trouve aimés sans réserve.

Je les comprends. Recevoir autant d’amour est une bonne motivation pour un auteur.

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4 Comments

  1. cortisone05-07-2010

    Et, et si pour une fois on invertissait les rôles ?

  2. omeyer05-07-2010

    Bien parlé Cortisone. J’ai évoqué un modèle de femme des histoires du passé, écris l’homme des histoires de demain !
    en 1000 mots, vous avez deux heures je ramasse les copies.

  3. liliaK05-09-2010

    Oui, c’est assez affligeant !

  4. omeyer05-09-2010

    d’ailleurs là je suis en train d’affliger sévère.

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Stories beyond frontiers. Les histoires font la loi.