Blog

IMG 4327 E1332804474782

Histoires de communautés

 

Toute société humaine produit de la confusion, une confusion qui finit tôt ou tard par égarer  ses membres. Avec le temps, la complexité devient trouble, la communication se noie dans le parasitage, les relations s’écroulent faute d’identités fortes. On entretient un temps les rites sociaux, on tente en vain de construire son propre tissu d’être à défaut de faire partie d’un groupe large authentiquement cimenté par des valeurs cohérentes.

On adhère mollement comme une scotch usé. Faute de pôle magnétiques marqués, le peuple-noyau ne suscite plus l’adhésion des électrons humains, livrés à des quêtes éparpillées, contradictoires.

Pris dans la spirale d’une dynamique de déconstruction du groupe,  chaque  individu plonge dans le conformisme ou l’attentisme, avec pour alternative la fuite, la folie ou la révolte. Chacun est seul, dans une société qui se désagrège.

Confusion.

Les grands auteurs, les mystiques, les poètes, les grands leaders politiques, les prophètes, les artistes, eux, produisent toujours de la clarté.

Ils la payent au prix fort d’une solitude regardée les yeux dans les yeux, de risques pris au quotidien, de l’exigence farouche de puiser au centre vivant de leur être. Ils trouvent leur propre noyau et l’offrent en partage. Ils traversent les larmes pour en ramener une once de vérité, un éclair de vie, une couleur nouvelle. Pour en illuminer, de toute la force de leur amour, la grisaille inéluctable du monde. Ils sont la vie, qui combat la mort de toute ses forces à chaque seconde.

Ainsi il permettent à chaque membre de la tribu de retrouver son essence, relancer sa dynamique de vie, nouer avec ses proches des relations fondées sur les identités profondes et non les masques, prendre sa part à la société et par là même la régénérer.

Le monde est parfait : chaque société secrète les artistes dont elle a besoin pour se métamorphoser de l’intérieur.
De ce point de vue, les artistes, dans leur marginalité ou leur isolement, sont les membres les plus sociaux de la communauté.

Pour les artistes de l’écrit, c’est ce même rapport qui s’établit avec le Monde des Histoires. Nos Histoires, à nous auteurs, sont à la marginalité de nos vies réelles. Elles sont au départ notre Monde Extraordinaire. Et pourtant elles finissent par envahir notre quotidien, et nous font ce que nous sommes. C’est notre vie entière qui en est transfigurée.

Ce que nos histoires font avec et pour chacun de nous, nous le faisons, c’est notre rôle et notre fonction, pour le public.

Pour notre communauté qui sans nous se sclérose et sans qui nous ne sommes rien.

4 Comments

  1. sab04-25-2010

    bravissimo!

  2. omeyer04-25-2010

    Ok sab on fait comme on a dit.
    Ceci dit je crains que ça ne se remarque…

  3. Elephantgeek04-26-2010

    Très bon article

    Merci Marc!

  4. omeyer04-26-2010

    Yoh San Francisco est dans la place ! C’est trop de la balle de la mort qui tue sa race !
    En bon français du dictionnaire, moi content hugh.

Leave a Reply

Stories beyond frontiers. Les histoires font la loi.