E= MC2 (cos perso fois plot)
Un bon film avance dans une progression : chaque scène est ouverte vers l’aboutissement du film.
C’est la concentration thématique qui fait un grand film. Et cette concentration, qui est la moelle de l’intrigue, se dilate le plus possible et le plus tard possible.
Chaque histoire commande la densité de cette concentration.
Certaines réclament une douceur narrative légère et éthérée, elles sont suspendues comme des nuages dans un ciel clair et dégagé.
D’autres sont lourdes, ossues et puissantes, chargées comme des taureaux en pleine furie.
D’autres sont rondes et souples, alertes et virevoltantes comme des valses, de jeunes filles espiègles dans la fraîcheur émoustillée d’un premier bal de printemps.
Mais cela, c’est la forme finale qu’elles prennent quand le processus créatif est arrivé à son terme, quand on nous les présente et qu’elles s’offrent à nous, dans la perfection de leur équilibre.
C’est la forme qu’elles ont pour le spectateur.
Mais quelles formes ont-elles pour leur auteur ? Un long brouillard, une avancée entre pénombre, excavation, et illumination.
Comment avancer dans le processus qui amènent les histoires à leur visage définitif, c’est que tout auteur rêverait de savoir. C’est à cette fin que se sont développées les théories dramatiques, pour aider à avancer.
Aujourd’hui bien souvent, ce guide créatif a pris le pouvoir. La carte domine le territoire. On a oublié que l’escalier est fait pour aller au ciel et on a valorisé la rampe.
Alors pour ramener les pendules à l’heure magnétique des histoires, de toutes et de chacune, voici ce qu’il suffit de savoir pour développer une histoire. Tout le reste est affaire de cœur et d’expérience.
Les américains disent sex and violence, hope and fear. Toutes les histoires ont ces deux axes. Je dirais plus sobrement : une homme une femme et de la peur.
Oui, dans toutes les histoires. Un homme de cette planète ou d’une autre, de 5 ou 120 ans, idem pour la fille. Même dans les dessins animés. Si tous. Même dans Beep Beep : Coyote, modèle du mâle en rut, idiot et droit dans son désir, qui n’attrape jamais Beep Beep, fille maligne et qui sauve sa pudeur.
Et de la peur. Une petite ou une immense. Qui a peur, et à quel point ? Et surtout par dessus tout :
Pour qui a-t-il peur ?
Et pensons nous qu’il a raison d’avoir peur ?
Même dans Beep Beep. La peur, elle est pour Vil Coyote. Sa peur ? Crever de fin. Et de fin dans Beep Beep il n’y en a pas. Sa peur ? Rester frustré. Avons nous peur ? Jamais. Nous rions de lui. Puis dans un deuxième temps, nous compatissons et nous l’adorons, et nous rions encore plus.
Si De Funés a peur pour lui même et qu’il se fait un monde de rien du tout, nous rirons.
Mais si le héros craint pour autrui, pour un faible ou pour le monde, qu’il est prêt à y laisser sa peau, et que nous pensons avec lui que la menace est terrible, là nous ne rirons pas du tout.
Voilà le secret du début des histoires.
Un principe mâle, un principe femelle.
Un degré de peur, un degré d’altruisme.
Et un degré d’adéquation entre la peur du personnage et celle du spectateur.
Qui peut avoir moins peur ou plus peur parfois.
Cela, c’est la première équation à rechercher quand on développe une histoire.







Il était temps de le nourrir ce blog, il frôlait la neurasthénie !
Une « féministe » avant l’heure dis donc, avec la dent dure en plus
: )
souslesmots, ben ouais évidemment, beep beep chante l’air du foutage de gueule. mais la grande leçon de tout ça c’est la créativité de Vil Coyote. la frustration est elle la source de la créativité ? Chercher n’est il pas meilleur qu’obtenir ? Il y a beaucoup de choses dans ce dessin animé si simple en apparence…
la frustration est elle la source de la créativité ? Non, sinon tu imagines…
john et paul l’ont dit avant moi. « with a little help from my friends ». les artistes ont besoin d’amitiés fortes et nourrissantes pour nourrir leur développement créatif et nous sommes dans une bonne phase de ce point de vue. chouette !